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Immobilier : avec la crise sanitaire, les régions prennent leur revanche sur Paris


Publié le 11 décembre 2020

Immobilier : avec la crise sanitaire, les régions prennent leur revanche sur Paris

L’année devrait s’achever sur un total d’au moins 960 000 transactions immobilières, peut-être même 990 000, selon le Conseil supérieur du notariat.

 

L’année immobilière 2020, chaotique avec ses cent deux jours de confinement, devrait pourtant, selon les anticipations du Conseil supérieur du notariat, publiées jeudi 10 décembre, s’achever sur un total d’au moins 960 000 transactions immobilières, peut-être même 990 000. Un résultat honorable, puisque très proche du record de 1,06 million atteint en 2019.

L’activité aura été contrastée entre l’Ile-de-France, où le nombre de ventes baissait, à fin septembre, en glissement annuel, de 15 %, comparé à la même période de 2019, notamment à Paris, où ce recul atteint 18 % sur douze mois, et le reste du territoire, qui prend sa revanche.

 

Les maisons, en province, jouent, en effet, cette année, un rôle inédit de locomotive du marché : la hausse de leurs prix s’accélère de trimestre en trimestre, à + 6,1 %, fin 2020, sur douze mois, contre + 4,1 %, fin septembre. Les appartements de province ont aussi leur réussite, puisque le mètre carré gagne 7,1 %, fin 2020, mieux qu’en Ile-de-France, à + 6,1 %. « On sent un désir des Franciliens de devenir propriétaires d’un deuxième lieu de vie, pas une simple résidence secondaire, dans les départements proches de Paris », analyse Elodie Frémont, notaire à Paris. Ils n’y passeraient pas que les week-ends, mais, grâce au télétravail, le plus de temps possible en semaine également. L’agence immobilière Barnes appelle cela une « résidence semi-principale ». Après un sondage auprès de ses clients, Barnes constate que la crise sanitaire conduit 45 % d’entre eux à repenser leur situation immobilière et cite l’exemple d’un couple prêt à vendre ses 120 m2 dans le Marais pour y racheter un pied-à-terre de 50 m2 et une maison en campagne, à une heure de Paris.

« Une inversion des souhaits »

Dans l’Eure, les acquéreurs franciliens représentent 22 % des acheteurs de 2020, (soit 6 points de plus qu’en 2019), en Eure-et-Loir, 30 % (+ 3 points), dans le Loiret, 19 % (+ 6 points), dans l’Oise, 23 % (+ 1 point), dans l’Orne, 21 % (+ 6 points), et dans l’Yonne, 29 % (+ 9 points). D’autres départements plus lointains sont touchés par le phénomène, comme le Calvados, 15 % (+ 1 point), la Creuse, 12 % (+ 5 points) ou le Lot, 11 % (+ 3 points).

« Dans la cinquantaine d’agences immobilières de ma ville, La Baule [Loire-Atlantique], raconte Franck Louvrier, son nouveau maire LR, il n’y a plus une annonce de maison. Elles se vendent toutes à des prix très élevés, à des quinquas et des quadras arrivés de Nantes, Rennes, Angers, Paris, qui veulent travailler là où, avant, ils ne prenaient que leurs vacances. J’ai dû ouvrir des classes d’école primaire ! Pour l’économie de la ville, c’est formidable, car, plutôt que d’avoir une population qui passe de 17 000 habitants, l’hiver, à 150 000, l’été, il est bien préférable qu’ils y vivent à l’année. » M. Louvrier constate « une inversion des souhaits, avec l’envie d’une grande surface pour habiter sur le littoral et d’un pied-à-terre à Paris ».

 

Sur le plan national, les notaires relèvent que les prix ont, en 2020, continué leur progression comme si de rien n’était, + 6,5 % pour les appartements et + 4,2 % pour les maisons, des moyennes sur la France entière. « L’immobilier a joué la résilience, la solidité, selon Frédéric Violeau, qui préside l’Institut notarial de droit immobilier, et la progression des prix est à peine entamée par la crise sanitaire. »

Au vu des dernières tendances observées entre juillet et septembre, la hausse ralentit de façon plus nette en Ile-de-France qu’ailleurs.

« Attentisme » pour les premiers mois de 2021

Quelques villes où les prix s’étaient beaucoup renchéris ces dernières années marquent le pas, comme Bordeaux, où la hausse sera limitée à 2,2 % en 2020. « Dans le Rhône, pour les appartements anciens, c’est l’interruption de la hausse, tous secteurs confondus, relève, au cours du troisième trimestre, Pierre Bazaille, notaire à Givors, avec une baisse du prix médian qui passe de 5 155 euros à 5 000 euros dans Lyon intra-muros, et une stabilisation ailleurs, à 4 000 euros le mètre carré. » D’autres villes restent à l’écart de l’inflation générale, comme Nice (+ 4,9 %), Grenoble (+ 4,3 %) ou Toulon (+ 3,8 %).

A Nantes, en revanche, le mètre carré d’appartement gagne 13,2 %, à 3 580 euros, et le prix des maisons 7,7 %, à 320 000 euros. Rennes connaît la même évolution, + 14,4 %, à 3 170 euros, pour le mètre carré d’appartement, et + 7,7 %, à 350 000 euros, pour les maisons.

En dix ans, le prix moyen du mètre carré d’appartement a, dans les 18 villes scrutées par les notaires, augmenté de 30 %, mais pas à Saint-Etienne (où il baissait de 21 %), à Toulon (− 4 %), Grenoble (− 3 %) ou Le Havre (− 2 %). Sur la période, Bordeaux remporte la palme du renchérissement, avec une hausse des prix de 75 %, suivie par Lyon (+ 66 %), Paris (+ 59 %), Nantes (+ 49 %) et Rennes (+ 48 %).

Ces évolutions différenciées ont un peu bouleversé le palmarès des villes les plus chères de France : derrière Paris, Bordeaux monte de la 5e à la 3e place, Nantes de la 8e à la 5e et Rennes de la 13e à la 7e. Nice rétrograde de la 2e à la 4e place.

« Pour les premiers mois de 2021, les avant-contrats laissent entrevoir un certain attentisme, prédisent les notaires. Au deuxième trimestre, avec les plans sociaux et les licenciements que l’on peut craindre, l’immobilier ne pourra pas rester longtemps à l’écart du contexte économique général. »

 

LE MONDE - Par Isabelle Rey-Lefebvre - Publié le 11 Décembre 2020

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