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L’immobilier se rétablit vite depuis le déconfinement !


Publié le 12 juillet 2020

Les tout premiers mois de 2020 promettaient une année exceptionnelle pour l’immobilier, amorcée avec une croissance de plus de 7 % sur la lancée de 2019 qui avait déjà enregistré un record de ventes à plus de 1,07 million, et, pour les logements anciens, des prix à l’unisson, en hausse annuelle de 5 % (6,4 % pour les appartements, 4 % pour les maisons) au premier trimestre 2020, selon l’indice Insee Notaires.

Epidémie et confinement sont passés par là et le nombre de transactions s’est effondré : fin avril, leur nombre, sur douze mois, s’établissait à 973 000, soit 8,6 % de moins que fin décembre 2019, selon la Fnaim. Mais la pause a été de courte durée puisque dès le 11 mai, les agents immobiliers et les sites d’annonces constataient une frénésie de sollicitations. SeLoger, leader du secteur, après une chute de 40 % de son audience, la voit rebondir, en juin, de 60 % et revient au même nombre d’annonces publiées qu’avant crise, « avec toutefois plus de demandes de maisons et une attention particulière sur les espaces extérieurs, observe Bertrand Gstalder, son directeur. Selon notre dernier baromètre de mai dernier, la confiance des acquéreurs est là : 75 % d’entre eux sont optimistes sur l’aboutissement de leur projet dans les six mois. C’est un élément nécessaire, sinon suffisant, pour une reprise durable », commente M. Gstalder.

Le réseau d’agences Century 21, dans son étude publiée lundi 6 juillet, constate également cet élan retrouvé : « En raison des huit semaines d’arrêt total du marché, le semestre s’achève certes sur un nombre de transactions en retrait de 27 % par rapport à la même période de 2019, mais la demande est redevenue forte et soutient les prix, dont nous évaluons la hausse, dans la même période, à 3,1 % pour les appartements et 2,3 % pour les maisons, avec à peine moins de marge de négociation, à 5,1 %, analyse Laurent Vimont, son président. Est-ce un effet de rattrapage ou une reprise durable ? Il est trop tôt pour le dire. »

Nouveau record à Paris

A Paris, le prix du mètre carré, nullement impressionné par la crise, a encore grimpé de 7,4 %, à, en moyenne, 10 670 euros, battant à nouveau son record. Mais le marché francilien se transforme, moins animé par les investisseurs, que les déboires de la location touristique font fuir (29 % cette année contre 31 % en 2019), que par des ménages à la recherche d’une confortable résidence principale (63,5 % au lieu de 57 %). Conséquence, la surface moyenne achetée augmente de 10 mètres carrés, à 53 mètres carrés, et la transaction type s’élève à 547 000 euros !

 

Dans toute l’Ile-de-France, c’est la hausse des prix qui s’impose : + 8,8 % pour les appartements et + 2,8 % pour les maisons. Elle est même à deux chiffres en Bretagne (+ 11 %), Centre-Val de Loire (+ 11,4 %), Pays de la Loire (+ 12,9 %, tiré par Nantes) et Occitanie (+ 10,5 %) mais se calme en Nouvelle Aquitaine (– 4 %), Auvergne-Rhône-Alpes (– 1,3 %) et Normandie (– 3,1 %).

Le télétravail généralisé pendant le confinement a fait réfléchir les cadres et les urbains sur leur lieu d’habitation idéal : « Dès la semaine suivant le déconfinement du 11 mai, j’ai vendu trois maisons à des Franciliens qui viennent y installer leur résidence principale, raconte Nicolas Maitrejean, agent immobilier à Chartres. Un jeune couple de cadres, lui dans une start-up et habitué au télétravail, a acheté une maison aux portes de Chartres, pour 300 000 euros. Un père et son fils, venus de Malakoff, ont choisi une maison en campagne avec trois hectares de terrain, pour 400 000 euros ».

« Vendre des appartements sans balcon va devenir difficile »

Sabine Ficheux, à la tête d’une agence à Fontainebleau, a vu arriver la même clientèle : « Ils pensaient depuis longtemps s’offrir une maison avec un jardin et la crise les a fait passer à l’acte. » A Marly-le-Roi, où l’on trouve beaucoup de grands appartements avec terrasses dans des ensembles des années 1960-1970 implantés dans des parcs verdoyants, l’agence Guy Hocquet prédit : « Vendre des appartements sans balcon va devenir difficile. » L’appel pressant de la campagne, M. Vimont n’y croit cependant guère : « Il y a certes des envies, des rêves, des intentions… Mais, comme pour les bonnes résolutions de rentrée, le quotidien reprend vite le dessus ! »

 

Les banques confirment à leur tour la reprise du marché. Pour le courtier Vousfinancer, la production de crédits immobiliers a atteint, fin juin, 1,5 milliard d’euros, comme l’an passé à même date. Les taux ont un peu augmenté, de 0,10 point, mais restent attractifs, à, en moyenne, 1,40 % sur vingt ans, contre 1,25 % en décembre dernier, renouant avec leur niveau de juillet 2019. Un nouvel examen de la situation, à la rentrée, dira si la reprise est solide ou tient du rattrapage.

Une inquiétude persiste sur la volonté des banques d’accorder des prêts aux primo-accédants car leurs critères d’exigibilité se sont, eux, resserrés depuis les recommandations de prudence du Haut Comité à la stabilité financière – qui dépend de la Banque de France et du ministère de l’économie –, en novembre 2019. Le courtier en prêts VousFinancer constate ainsi une hausse de la proportion de dossiers refusés, à 9,8 %, contre 5,4 % l’an dernier à la même époque, qui touche bien les primo-accédants mais aussi 30 % d’investisseurs.

Crise sanitaire et resserrement du crédit conjugués font craindre une baisse de 21 % du nombre des ventes, en 2020, faisant plonger environ 3 000 agences, soit 18 % du secteur, et menaçant 20 000 emplois, selon la Fnaim : « En comparaison, la crise de 2008-2009 avait fait fermer 2 500 agences et perdre 17 500 emplois », rappelle Jean-Marc Torrollion, son président.

LE MONDE - Par Isabelle Rey-Lefebvre Publié le 06 juillet 2020 à 10h54

 

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