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Les prix de l’assurance habitation vont-ils baisser ?


Publié le 16 juin 2020

Durant le confinement, la baisse drastique de l’utilisation des voitures, donc des accidents, donc des dépenses des assureurs, a incité plusieurs compagnies à annoncer des gestes commerciaux pour leurs clients auto. Rien ou presque n’a toutefois été accordé en matière d’assurance habitation.

Economies réalisées par type de sinistres

Dégâts des eaux : 77 millions €

Incendies : 62 millions €

Cambriolages : 68 millions €

Responsabilité civile: 18 millions €

 

Si les économies sur les « multirisques habitation » (MRH) ne sont pas de la même ampleur que sur l’assurance auto (l’UFC-Que Choisir estime à 1,8 milliard le gain dans ce domaine), elles ne sont pas minimes, souligne toutefois Antoine Fruchard, fondateur du courtier en ligne Réassurez-moi et auteur d’une étude sur le sujet.

« Nous estimons le gain pour le secteur à 226 millions », rapporte-t-il.

Présence accrue au domicile

En cause : comme pour l’assurance auto, une baisse de la sinistralité, indique l’étude, précisant que les assurés ont déclaré 700 cambriolages et 1 230 dégâts des eaux de moins par jour, en moyenne, durant le confinement.

Baisse du nombre de sinistres durant le confinement

 

Responsabilité civile
● Baisse estimée des sinistres : -69,7%

« Cela s’explique surtout par la présence accrue au domicile des habitants et des voisins, et la possibilité de déceler rapidement les problèmes, comme des fuites d’eau ou des départs de feu, avant qu’ils ne provoquent des dégâts », estime M. Fruchard.

L’étude fait aussi état d’une baisse, logique, des sinistres MRH relevant de la responsabilité civile - celle-ci ne se déclenchant qu’en présence de tiers (exemple : votre bébé casse les lunettes d’un ami durant un repas) et le confinement ayant limité les relations sociales. C’est toutefois pour les dégâts des eaux que l’économie serait la plus forte, 77,1 millions d’euros. Ce poste est celui qui pèse le plus dans les indemnisations « habitation » habituelles (38 %), selon le cabinet Fact & Figures.

Assurance habitation : les dégâts des eaux pèsent lourd dans les indemnisations

 

Pour aboutir aux 226 millions, Réassurez-moi a estimé la baisse des sinistres déclarés (en comparant les déclarations enregistrées durant le confinement par ses partenaires, sur un demi-million d’assurés, au nombre moyen de sinistres habituel par jour, fourni par la Fédération française de l’assurance, FFA). Puis multiplié le nombre de sinistres « manquants » par le nombre de jours confinés et par l’indemnisation moyenne par type de sinistre (données FFA).

Des impacts durables ?

Certes, admet M. Fruchard, « un effet de report, notamment lié à des sinistres déclarés en retard par ceux qui avaient quitté leur domicile, affectera ces gains, mais au final le bilan devrait rester largement positif ».

Chez Luko par exemple, assureur en ligne qui s’est lancé en 2018 sur la MRH (et qui a comme investisseur Xavier Niel, actionnaire à titre individuel du Monde), on estime avoir réalisé 50 % à 60 % d’économies durant le confinement, et à 45 à 50 % en ôtant l’effet de report.

« Il serait donc logique que les primes baissent dans les années à venir, ou a minima qu’elles stagnent », conclut Antoine Fruchard.

D’autant que, contrairement au phénomène observé en automobile, la moindre sinistralité pourrait, à ses yeux, ne pas être qu’éphémère en habitation. « Le confinement a modifié le rapport au logement et des habitudes pourraient perdurer - le télétravail, mais aussi un meilleur entretien du domicile et une vigilance accrue entre voisins, qui ont développé de nouveaux liens. »

Ce qu’en disent les assureurs

Les prix bénéficieront-ils de tout cela ? Il faudra probablement attendre fin 2020 pour le savoir. « Si l’année se poursuit normalement, une modération tarifaire pourrait être de mise en 2021, probablement pas un gel des tarifs en ce qui nous concerne mais une hausse plus faible que prévu », répond une compagnie de premier plan.

« Il est trop tôt pour juger et commenter », estime de son côté la FFA. Sur l’habitation, « nous n’avons que trop peu de recul sur la sinistralité (confinement, événements climatiques…) pour prendre des décisions tarifaires », dit la Maif, qui avait fait grand bruit en annonçant en avril le remboursement de 100 millions d’euros à ses assurés « auto », au grand dam de ses concurrents.

40 %

C’est l’augmentation moyenne du coût de l’assurance habitation depuis début 2011, selon Cyrille Chartier-Kastler, de Facts & Figures. Il souligne que les hausses les plus importantes ont été constatées dans la première moitié de la décennie, en raison, notamment, d’un important rattrapage lié à la multiplication des catastrophes climatiques. Pour 2020, ce cabinet a émis, en janvier, une hypothèse de hausse de 1 % à 2 %.

« La moindre sinistralité a effectivement engendré des économies malgré l’effet de report, mais il faut voir comment elle évoluera jusqu’à fin 2020 », renchérit Henry de Courtois, directeur de marché dommages d’Axa. Les gains pourraient être absorbés « si les mois à venir étaient marqués par beaucoup de tempêtes, d’inondations, ou par une sécheresse sévère provoquant des fissures dans les maisons ».

Il souligne par ailleurs qu’avec la crise sanitaire, « la hausse du coût des artisans, due, entre autres, aux mesures d’hygiène, alourdit le coût des sinistres. »

Quid des effets sur la sinistralité à long terme ? « Ils sont difficiles à mesurer », estime M. de Courtois. Un exemple qu’il donne : si le rôle de « refuge » du logement est renforcé, cela signifie-t-il qu’il y aura moins de sinistres car les habitants prendront mieux soin de leur domicile, ou qu’ils s’équiperont davantage (piscines, spas, etc.) et voudront être mieux couverts ? A crise inédite, évolution des comportements difficilement prévisible.

« Restons prudents sur le chiffrage des gains, nous sommes en présence de phénomènes à l’impact contradictoire », approuve Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Facts & Figures, qui rappelle notamment « qu’en période de crise, le risque habitation se dégrade souvent en raison d’une baisse du niveau d’entretien des logements », liée aux revenus qui chutent.

Effort de transparence

Guillaume Rosolek, directeur tarification d’Addactis France, juge également l’amélioration de la sinistralité conjoncturelle. S’il a, lui, évalué le gain lié au confinement à 350 millions d’euros, il ne voit pas le phénomène perdurer.

Et attire l’attention sur la nécessité de ne pas mettre tous les assureurs dans le même panier : « s’ils s’interrogent tous sur l’impact, ils ne sont pas tous exposés de la même façon ».

Les compagnies centrées sur les assurances auto et habitation sortent gagnantes mais la situation est plus complexe pour celles intervenant en prévoyance, en santé, ou auprès des professionnels. « Tous n’auront pas la même capacité d’accorder des gestes commerciaux », confirme Olivier Moustacakis, cofondateur d’Assurland.com.

Des comptes devront probablement être rendus aux assurés en fin d’année.

Alors que « la suspicion plane » aujourd’hui sur le secteur, dont l’image s’est dégradée durant la crise sanitaire, « l’important est de se montrer transparent, que chacun communique à ses assurés les économies réalisées ou non, la réponse des assureurs en matière d’habitation n’est pour l’heure pas à la hauteur », lance Raphaël Vullierme, cofondateur de Luko. Le défi, pour lui : « ne pas cacher, ne pas profiter, sans mettre le modèle en danger par démagogie ».

Nécessité pour le secteur de redorer son image, et situation contrastée des assureurs quant à l’impact de la crise sur leurs coûts : deux éléments qui laissent entrevoir de nouvelles passes d’armes entre les compagnies dans les mois à venir. Avec probablement, à la clé, une rivalité accrue et de nouveaux gestes commerciaux, dont les prix pourraient profiter…

Comment faire jouer la concurrence

Vous pensez payer (trop) cher votre assurance habitation ? Demandez une remise, en présentant à votre assureur une offre concurrente moins onéreuse. « Il pourra vous l’accorder s’il souhaite vous garder, si votre profil de risque est bon et que vous avez eu peu ou pas de sinistres, tout se négocie au cas par cas », souligne Olivier Moustacakis, d’Assurland. S’il refuse ? L’assurance habitation est résiliable à tout moment, après la première année.

« Vous avez d’autant plus intérêt à faire jouer la concurrence si votre contrat est ancien, certains assureurs habitation ayant tendance à proposer des tarifs cassés aux nouveaux clients pour se rattraper par de fortes hausses de prix annuelles », déplore Matthieu Robin, de l’UFC-Que Choisir. Autre conseil : le taux de vétusté des biens étant pris en compte dans le tarif « à la souscription, il peut être utile de mettre à jour leur valeur dans vos garanties tous les deux ou trois ans », note Antoine Fruchard, de Réassurez-moi.

 

LE MONDE - Aurélie Blondel - Publié le 15/06/2020

 

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